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Alain Vidalies en guerre contre "l'Europe des parkings"


A la demande de la France et de l'Allemagne, le Conseil des Ministres des Transports, qui s'est tenu le 1er décembre à Bruxelles, a débattu de l'avenir de la politique du transport routier de marchandises, aujourd'hui victime d'une concurrence déloyale reposant fortement sur le dumping social.

Lors d'une intervention musclée et qui sort des discours convenus, Alain Vidalies a d'abord fermement dénoncé la fraude sophistiquée dans ce secteur. "Aujourd'hui, on trouve sur nos route un type de chronotachygraphe dans lequel il y a à l'intérieur un système extraordinairement sophistiqué qui donne des fausses informations au contrôle, a précisé Alain Vidalies, allant jusqu'à montrer l'appareil à ses homologues. Quand les contrôleurs branchent leur ordinateur pour contrôler le temps de conduite, ce système très élaboré donne des fausses informations au contrôle. Cela veut dire qu'il y a un système de fraude organisée qui fait appel à des spécialistes complices et que nous en sommes tous les pays victimes."

Autre combat sur lequel le secrétaire d'Etat s'est insurgé : les conditions de travail que subissent certaines catégories de conducteurs routiers. "Les conditions de travail des chauffeurs sont, dans un grand nombre de cas, indécentes voire inhumaines, a insisté Alain Vidalies. Ceci est le résultat de montages juridiques complexes de sociétés qui cherchent à optimiser les coûts salariaux, les charges sociales et leur fiscalité sans se soucier du sort de la force de travail qui n'a plus d'existence sociale."

Fort de ce plaidoyer, le secrétaire d'Etat a donc demandé l'arrêt immédiat de tout processus réglementaire complémentaire : "la question importante n'est donc pas d'élaborer de nouvelles règles mais de faire respecter les règles existantes. Je refuse, la France refuse, qu'au nom du seul principe de libre circulation et d'intégration du marché intérieur nous soyons les témoins et les complices de l'émergence d'une Europe des parkings."

A l'image de ses confrères allemands, Alain Vidalies plaide pour la création d'une Agence européenne du transport routier qui serait chargée de servir de point d'appui aux corps de contrôle des Etats membres. Cette Agence permettrait de renforcer l'efficacité de leur action, de vérifier l'application correcte, en pratique, de la législation de l'Union, et de promouvoir la coopération entre tous les États membres.