Les partenaires


Baisse du baril : pourquoi les transporteurs n’en profiteront pas ? (ou si peu ..)


Le prix du Brent est passé hier sous la barre des 50$. Un record depuis mars 2009 et une baisse de 25% depuis avril. Ce récent décrochage est d’ordre géopolitique. Visiblement les marchés pétroliers anticipent le retour à plein de l’Iran sur les marchés, en raison de l’accord sur le nucléaire signé tout récemment. Actuellement 6ème producteur mondial et 3ème exportateur, l’Iran devrait rapidement remonter au classement en raison de la future manne des investissements étrangers.

L’offre va donc s’accroître. Face à une demande qui progresse peu et un cartel des pays exportateurs incapable de s’entendre, on assiste donc logiquement à une baisse du prix du brut qui devrait être durable. Les experts s’accordent à dire que la tendance baissière devrait durer jusqu’à la mi 2016.

A priori plutôt une bonne nouvelle pour les transporteurs routiers.

 Sauf que deux faits viennent en grande partie réduire cette hausse :

- La plupart des contrats sont libellés en Dollars et la baisse actuelle de l’Euro face à la monnaie américaine renchérit le coût des importations par effet de change. Depuis le mois de mai, l’Euro a en effet perdu 5% de sa valeur passant de 1.14 à 1.08 (la baisse est même de 20% depuis septembre dernier).

- Les distributeurs de produits pétroliers, dont les comptes vont être en partie plombés par la baisse du brut, vont se rattraper un petit peu sur les marges distribution.

Au final, ces deux faits conjugués expliquent que l’indice cuve gazole CNR n’a baissé que de 6% entre mai et juillet.


Et par la suite, deux autres effets pourraient venir limiter les impacts positifs :

- Les taxes restent la composante majeure du prix du carburant. Et le gouvernement, sans le dire, espère profiter de cette baisse du brut pour faire remonter les taxes (ni vu ni connu, personne ne s’en rend compte). C’est dans ce contexte là que se situe probablement le maintien de la hausse de 4c de la TICPE pour les transporteurs routiers mis dans la loi de finances 2015 (qui devrait donc se pérenniser) et l’alourdissement de la contribution carbone (pour laquelle les transporteurs devraient être mis à contribution).

- Enfin, il est bon de rappeler que le mécanisme d’indexation gazole, s’il joue à la hausse, vaut également en cas de baisse. Avec un indice prix cuve moyenne mensuelle qui flirte avec ses plus bas niveaux depuis 2010, il est fort probable que nombre de contrats et de grilles soient actuellement en « négatif », le transporteur devant ristourner plutôt que majorer.