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Le groupe G7 en RJ


Bonne idée pourtant. Réunir sous une même entité plusieurs groupeurs spécialisés en produits frais afin de monter un réseau pouvant créer des synergies et des effets d'appels auprès d'une clientèle en manque d'alternatives. En 2014 à l'initiative de Georges Guebey (Transports Guebey), Jean-Michel Orst (Plein Sud) et Lionel Darche (ex N7 Rhône Alpes) naissait donc le groupe G7. Une holding, G7 Investissement est mise sur pied, fédérant alors plusieurs entités régionales : G7 Savoie (ex Transports Guebey), G7 Sud (ex Plein Sud); G7 Bourgogne (ex N7 Froid), G7 Alsace (ex Kessler Distribution) et G7 Rhône. Naissaient ensuite d'autres filiales montrant l'ambition des dirigeants : G7 Bresse et G7 Champagne. A cette époque, toute la moitié Est de la France est couverte. Le groupe affiche les 50 millions d'€ et vise les 100 à l'horizon 2020.

Mais le chemin va être cahotique et semé d'embûches. Avec un défaut originel : le groupe est mal né. Tout d'abord le dirigeant et fondateur des transports N7 de l'époque, Rémy Oertli, décide de ne pas rejoindre l'aventure. Il vend ses parts et se retire faisant de N7 Bourgogne une entité sans véritable patron. Ensuite, le mariage apparaît vite déséquilibré. Le principal apporteur de cash dans l'affaire est Georges Guebey. Ce qui fait qu'au bout de quelques mois, le groupe G7 apparaît davantage comme une opération de croissance externe des transports Guebey que comme une union de savoirs et de savoir-faire. Enfin, et c'est le lot de nombre d'histoires de transporteurs grandissant peut être trop vite : les dirigeants n'arrivent pas à passer d'un management familial et régional à un management de groupe structuré, organisé pour l'occasion et ayant une véritable stratégie. Les fissures apparaissent au fil du temps qui se traduisent par l'éviction, début 2017, de Jean-Michel Orst de son poste de directeur général. G7 Champagne ne décolle pas. Dès lors et malgré un marché porteur et des clients demandeurs, la mayonnaise ne prend plus. Les pertes du début, imputables à des investissements nécessaires et indispensables, deviennent des pertes d'exploitation. Le 7 décembre dernier, G7 Investissement est placé en redressement judiciaire. Dans la foulée plusieurs filiales suivent le même chemin : G7 Bourgogne (le 12 décembre) et G7 Bresse (le 7 décembre). Le 23 janvier c'est au tour de G7 Rhône d'être mise en RJ. Pour l'instant G7 Sud, Savoie et Alsace sont épargnés. Jusqu'à quand ?

Le travail des mandataires ne sera pas simple. Avec une alternative : essayer de redonner corps à cet embryon de réseau en s'appuyant sur les valeurs sures (G7 Sud et G7 Savoie) ou scinder les filiales entre elles pour une "revente par appartements". Dans un cas comme dans l'autre il y aura des décisions douloureuses à prendre. Il faut espérer que la croissance du marché et le manque d'effectifs dans le transport (conducteurs, exploitants) permettra à un maximum de personnel de rebondir.

Mais une chose est sûre : l'ambition de départ a échoué. Ca rappelle une vieille fable bien connue racontant des histoires de grenouille et de boeuf.