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Le marché est-il en train de se retourner ?


BP2R, cabinet spécialisé dans l’optimisation des budgets transport, vient de publier son enquête sur la conjoncture dans le transport routier en cette fin d’année. Courant octobre, quelques 300 transporteurs ont été interrogés sur la conjoncture et les perspectives à venir.

L’intégralité de l’enquête est disponible sur la site BP2R : www.bp2r.fr/publications/

Il ressort de ce cru 2018 un enseignement fort : face à une conjoncture pas aussi dynamique que prévu, les transporteurs sont plutôt entrés dans une phase de prudence après l’euphorie de l’année précédente.

Certes 2018 sera une excellente année et 61 % des transporteurs interrogés ont indiqué connaître une croissance de leur activité et ils sont encore nombreux à miser sur une hausse de leur prestation (en moyenne +2,6%).

Mais force est de constater que les prévisions à venir sont plus craintives et qu’un certain rééquilibrage est en train de s’opérer dans la relation chargeur-transporteur.

Premier indicateur : l’évolution des volumes est incertaine. Si 53 % des transporteurs misent sur une croissance des volumes au cours des 6 prochains mois, ils sont quand même 37 % à envisager une stagnation et 10 % une récession. On retrouve ainsi le niveau qui était celui de 2016 et on se situe bien en dessous de l’euphorie de 2017 où 75 % des transporteurs avaient anticipé une croissance.

Deuxième indicateur : les investissements en ressources et matériels sont plus modérés. 58 % des entreprises envisagent de recruter des conducteurs (contre 71 % en 2017) et 40 % seulement prévoient de développer leur parc (56 % en 2017).

Enfin, seuls 23 % des transporteurs considèrent que leur situation financière sera meilleure que celle de l’année précédente (42 % misent sur stagnation et 35 % un recul, des données que l’on n’avait plus vu depuis 2014).

A noter quand même que la situation est jugée plus préoccupante par les TPE (moins de 10 véhicules) que par les ETI et groupes (plus de 200 véhicules), ces derniers ayant toujours la possibilité d’ajuster leurs moyens par le biais de l’affrètement.


Résultat : les transporteurs sont de moins en moins nombreux à estimer que le transport routier est aujourd’hui en situation de sous capacité (offre transport inférieure à la demande). « 43 % du panel constitué considère le marché comme sous-capacitaire, une réduction de 18 points par rapport aux chiffres de 2017 » note l’étude BP2R, précisant qu’il s’agit plus « d’une stabilisation du marché qu’un retournement ».

Bref rien de bien catastrophique et on peut parler d’une sorte d’optimisme prudent et mesuré. Lorsqu’on leur demande le niveau moyen de revalorisation tarifaire qu’ils envisagent de demander, 40 % se situent à un minimum de +3 % (47 % l’année dernière) et 44 % sont entre 1 et 3 %. la moyenne se situe à 2,6 % (contre 3,1 % en 2017).