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Prix du transport routier : pour l’instant ça tient


La question taraude depuis quelques semaines chargeurs et transporteurs : avec la crise du Covid, les prix de transport routier vont-ils s’orienter à la baisse (en raison de la surcapacité) ou à la hausse (pour compenser les hausses de coûts de production et/ou éviter une défaillance des transporteurs) ?

Les derniers indicateurs en la matière montrent, que pour l’instant, on est plutôt dans le statu quo. Mais plusieurs indicateurs avancés plaident pour une tendance baissière.


A la FNTR, 33 % des chefs d’entreprise constatent des baisses

Premier indicateur : l’enquête FNTR qui permet notamment de suivre le niveau de surcapacité et les niveaux d’activités dans le transport routier. Depuis la crise Covid et le confinement (mi mars), la FNTR interroge régulièrement ses adhérents. La quatrième enquête a été publiée fin juin et porte sur la période allant du 8 au 15 juin. Les entreprises interrogées observent une amélioration significative de leur activité par rapport aux deux mois précédents. Et seuls 7 % des camions sont désormais à l’arrêt (contre 60 % deuxième quinzaine de mars). Mais l’activité n’a pas trouvé son niveau d’avant la crise et les transporteurs estiment avoir perdu 40 % de leur CA sur la période. Et des indicateurs que l’on pourrait qualifier « d’avancés » sont inquiétants. D’abord la surcapacité demeure puisque les transporteurs estiment qu’actuellement leur taux de kilomètres à vide est supérieur de 10 % par rapport à la moyenne habituelle (on était à 21 % mi mai). Enfin la pression sur les prix est manifeste. Un tiers des chefs d’entreprises constatent une baisse des prix du transport routier de marchandises, contre 28 % en mai. Au final, la moitié des chefs d’entreprises ne se disent pas confiants pour l’avenir (36 % seulement se disent confiants).


+2 % chez Transporeon

Deuxième indicateur : les indicateurs de prix fournis par et qui portent sur les liaisons européennes et fournis par Timconsult (groupe Transporeon). Ces indicateurs reposent sur des données de marché réellement constatées et accessibles librement sur www.transportmarketmonitor.com (pour l’instant!). La pression constatée par les transporteurs français ne se manifestent pas vraiment. Selon Timconsult, l’indicateur de capacité (qui mesure la réactivité des transporteurs/demande transport) s’est nettement amélioré : sur l’ensemble des relations en Europe, il était de 133,3 en juin (un chiffre quand même élevé) contre 180 en mai et 185 en avril. Sur les seules relations France-France, l’indicateur est en repli, mais reste encore à un niveau très élevé (à 171,5 en juin contre 200 en mai).

Ces surcapacités, selon Timconsult, n’ont pas encore eu d’impacts majeurs sur les prix de transport qui, de manière curieuse, ont même tendance à augmenter. En juin, l’indicateur prix était de 92,8 en Europe (en hausse de 5 % par rapport à mai) et de 88,8 en France (en légère reprise de 2 %/mai). Il faut y voir probablement les effets de l’absence de concurrence étrangère (ouverture large des frontières depuis le 15/6 seulement) et de la résilience des contrats annuels puisque beaucoup de chargeurs présents sur Transporeon ont des systèmes de tarifs pré-établis.


-0,86 % chez Upply

Troisième indicateur : les données fournies par la PF Upply. Pour rappel, Upply est également une place de marché entre chargeurs et transporteurs mais qui comprend un moteur de données assez puissant qui permet de s'informer en temps réel sur les prix de transport de fret et anticiper les tendances en aérien, routier et maritime. Dans l’analyse mensuelle que l’on trouve sur le site (market-insights.upply.com/fr), William Beguerie, expert chez Upply estime que si les prix ont baissé en mai (-0,86%), « la chute est moins dure que prévu ». A noter que les données Upply s’appuient davantage sur des demandes spots et sont donc moins sensibles aux effets de résilience des contrats annuels. Mais ce que constate les chiffres Upply et William Baguerie est plutôt inquiétant pour les transporteurs. Le deuxième trimestre est habituellement favorable aux transporteurs : « en 2020, la crise de la Covid-19 chamboule cette série de variations ; le second trimestre est déjà fortement marqué à la baisse, révélant une période de déflation contre-cyclique. »

Fin mai, l’indicateur prix de Upply en transport routier était en dessous de 97 contre 98 début février (et un peu plus de 100 à la même période 2019).